Après avoir vu ensemble ce que la peur peut nous faire (nous paralyser, nous amener à attaquer ou nous figer, dans un mutisme dérangeant), voyons ensemble comment sortir de cette peur, comment éviter que l’argile ne s’assèche, ou se solidifie.

Garder l’argile malléable

L’agilité n’est-elle pas un état où tout est flexible ? Où l’on se doit de s’adapter à tout, et surtout à l’imprévisible ?
OK, et comment alors garder le cap, et ne pas partir dans tous les sens ?

Voilà tout l’art de cette culture, s’adapter, apprendre, toujours apprendre, en … gardant un cap. Et si l’on voit que le cap n’est plus bon le .. changer, mais pas toutes les 5 min.

Principe du vieux Kamashi

J’en parle souvent en formation autour de la gestion de projet agile : le principe du vieux Kamashi.
Kamashi, vous connaissez ?

Avez-vous vu le voyage de Chihiro ? Chihiro une fois dans le grand Hôtel d’accueil des dieux et personnages fantastiques va commencer à travailler. Elle rencontre son responsable (et maître de stage), son mentor : Kamashi.
Il va l’aider et lui montrer ce qu’elle doit faire (ramasser des boules suies).

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Durant son travail, une personne extérieure à son travail lui demande de venir, c’est urgent.
Obéissante, elle s’exécute de suite …. sans avoir prévenu, sans avoir fini sa tâche

Kamashi lui dit alors une phrase qui a marqué toute ma vie : “commence par finir ce que tu commences”.

C’est un des grands principes de Kanban.

Ce qui amène un second point essentiel pour garder malléable notre argile agile :

Effectuer de petites tâches

A trop vouloir en faire, on ne fait rien, dirons-nous.

Visualisez deux échelles : une avec peu de barreaux, trop espacés, une seconde avec plein de barreaux, avec peu d’espacement. Laquelle sera la plus facile à utiliser et moins fatiguante ?

OK, et si on fait plein de tâches, dans tous les sens, que se passe-t-il ?

Garder le cap, avoir un cap

Sans cap, on ne sait pas où l’on va, comme dit en introduction.

Pour une culture d’apprentissage qui est malléable, qui sait s’adapter, il est important d’avoir :

  • un fil conducteur
  • des buts à atteindre

Vous savez, c’est comme dans un jeu-vidéo : le héros, la héroïne, doit avancer suivant des quêtes qui le-la guident à travers le jeu. Chaque quête est composée de plusieurs objectifs à atteindre.

Ces buts, ces objectifs motivent, cadrent, et structurent l’apprentissage, le projet, …

Ré-évaluer à rythme régulier tout ….

Une fois qu’un rythme est donné, que tout est cadré, il est normal de rester dans sa zone de confort. Ca rassure et ça permet d’être plus “productif”, en tout cas plus efficient (je n’aime le mot productif, trop connoté).

=> Cependant, c’est là aussi que l’argile va sécher, car elle n’est plus alimentée, renouvelée.

Fixez-vous un rythme (une fois par mois, tous les trimestres, …) et / ou des indicateurs (quand une nouvelle personne arrive, quand on a livré telle feature, quand …) pour se remettre en question. Dans un esprit Kaizen !

Se remettre en question, ok, mais sur quoi ? Sur tout ! Tout ? oui oui tout !

Ca parait impossible tellement on trouve de points à analyser … Et c’est tout à fait vrai. On ne peut pas tout analyser à chaque fois.

… Mais pas tout en même temps

Fixez-vous des priorités, des objectifs là aussi 🙂

Exemple : depuis deux semaines, on a des bugs qu’on pensait à chaque fois impossibles en prod, pourquoi ?

Autre exemple : c’est super, on a bien capitaliser sur les deux dernières semaines, comment le transmettre plus facilement, pourquoi, .. ?

Cadrer sans bloquer, avancer sans s’éparpiller

Une culture de l’apprentissage ouverte, dans un climat ouvert, avec un but d’apprendre, et non de tout formater, tout bloquer, tout empêcher, voilà l’une des clefs assurément.

Apporter un cadre, conjugué à une vision, et avec des objectifs clairs, c’est la seconde clef.

Avancer, tout en s’appliquant sur la qualité, sur des tâches claires, cadrées, finalisables, et finies, sera la troisième.

Et enfin, savoir se remettre en question, pour ne pas tomber dans le mutisme, dans l’immobilisme et l’effet pervers de “c’est comme qu’on fait, et pas autrement”, sera la dernière d’un trousseau qui demande à apprendre lui aussi 🙂